B(ét)onne année 2016 !

Récit de 2 semaines où la motivation de nos ouvriers est mise à rude épreuve, entre festivités de fin d’année et mauvais temps.

Nous avons brièvement mis le chantier entre parenthèses le temps de célébrer Noël en Dordogne dans la famille de Mickaël . Au rendez-vous, comme je l’imaginais : les plaisirs des papilles bien sûr, mais aussi les “petits” surexcités par la venue du Père-Noël, et pour tous la joie d’être ensemble tout simplement. Nous reprenons la direction de Bordeaux le 26 au matin, non sans avoir reçu de mamie Jeanette un cageot de conserves diverses et variées, “parce qu’il leur faut des forces à nos petits jeunes pour tout ce qu’ils font” (inutile d’insister, nous acceptons avec plaisir !).

Il est midi lorsque nous reprenons du service : incroyable mais vrai, il fait (encore) grand soleil, les températures dépassent la quinzaine de degrés, et Mika travaille… torse nu !

Ciel, un homme (presque) nu !

Il continue à monter inlassablement les briques, tandis que je finis d’enlever les dernières brouettes de terre de la future “fosse à gravats”, dont je parlais dans le billet précédent. Il est temps d’en finir avec les pelletées, puisque le tas de terre commence à occuper une certaine place au fond du jardin…

Au premier plan, la rampe d'ascension pour brouettes, qui requiert tout de même de prendre un peu d'élan...

Les murs approchant les 2 mètres de hauteur, il est donc de plus en plus compliqué de travailler sur des échelles pour poser les briques, d’autant que la maîtrise de l’équilibre peut être un exercice épuisant : il est temps de faire appel aux tréteaux de maçon évoqués dans le billet précédent. Sur une ingénieuse idée de Mika, je bricole un plateau à l’aide des palettes, que je comble en clouant quelques planches. En posant le tout sur deux poutres elle-mêmes appuyées sur les tréteaux (vous suivez toujours ?), nous avons alors un échafaudage pratique, dont la customisation est du plus bel effet (Valérie Damidot, si tu nous lis…).

Le petit dernier du chantier.

La journée de travail n’aura pas été bien longue, mais nous avons été efficaces, si bien que nous sommes plutôt satisfaits de l’avancée de la dépendance lorsque le coucher du soleil approche (toi aussi, écris des phrases avec 4 temps différents…).

Le chantier a pas trop mal avancé, pour un lendemain de Noël...

Nous poursuivons sur notre lancée le lendemain : je continue la pose du film géotextile là où j’ai fini de déblayer la terre la veille (la photo semble mensongère, mais je peux pas être partout à la fois…).

Parés pour le pique-nique...

Cette activité ne m’occupant guère longtemps, je décide de dégager le tas de branchages et autres feuillages qui est contre le grillage entre la maison et le puits (souvenez-vous, ça remonte au tout début de notre arrivée, lorsque nous avons décimé dans le jardin l’équivalent du quart de la forêt amazonienne, à quelque chose près).

Oh les jolis fagots que voilà !

Nous frôlons une nouvelle fois le drame lorsque nous constatons un problème d’aplomb : le mur part très légèrement “en biais”, l’affaire de quelques millimètres seulement, ou disons un petit centimètre tout au plus hum. Mickaël minimise beaucoup moins que moi, et opte pour une réponse drastique au problème en posant les rangées suivantes dans le bon alignement.  Comme vous pouvez le constater sur la photo ci-dessous, nous nous retrouvons donc avec un décalage de brique que je m’amuserai probablement à passer au chemin de fer dans un prochain épisode… (aucun rapport avec la SNCF, j’imagine que tout le monde avait compris)

Cachez cette démarcation que je ne saurais voir.

Le drame ayant été évité de justesse, je relance mon pacemaker et nous rangeons les outils en savourant un bien joli ciel qui marque la fin de ce week-end de Noël.

Les yeux au ciel...

 

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La semaine entre Noël et le Jour de l’An s’écoule rapidement, surtout que je travaille. Mika a pris 2 jours de congés, et en profite pour continuer à avancer le chantier, mais se garde bien de prendre quelques clichés pour immortaliser l’avancement de ses travaux (nomdediou). Le Directeur de la Photographie n’étant pas rancunier, il a consenti à vous ramener après coup quelques images…

Nous atteignons le haut de la porte d’entrée, dont Mika pose le linteau (bon, nous avons opté pour une version plus sobre que celles proposées par Wikipédia).

Linteau en cours de pose, soutenu temporairement par une planche.

Quelques efforts de plus et le linteau est terminé.

La silhouette de la porte d'entrée (presque) terminée.

Pendant ce temps, la maman de Mika met également du cœur à l’ouvrage : elle s’attelle à niveler la zone que j’ai débarrassée de ses fagots. Comme les anciens “locataires” anarchistes y avaient fait leur potager, il aura fallu bêcher la zone, mais nous avons gagné au passage quelques minuscules pommes de terre.

Place nette : encore un endroit pour semer les radis...

Mika ne lésine pas sur les efforts : alors que je rentre du travail et que le soleil se couche, je le trouve encore à l’ouvrage, éclairant le chantier avec un projecteur…

Heureusement, l'ouvrier ne facture pas le tarif de nuit...

Pour changer des briques, nous nous autorisons le 31 décembre une soirée festive chez des amis pour saluer l’arrivée de 2016 : le patron est trop bon ! Bataille de cotillons (outch), petits toasts, champagne (avec modération évidemment, déjà qu’on a du mal à ce que les murs soient droits…), sans compter un quizz sur l’année qui vient de s’écouler : la soirée s’écoule bien vite dans la joie. Il est 5h, Paris s’éveille nous nous couchons épuisés.

 

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Driiiiiiiing, il est déjà midi quand nous émergeons ce 1er janvier 2016… Que les lendemains de fête sont courts ! Après un petit encas pour se mettre en condition, nous profitons du beau soleil déjà haut dans le ciel pour couler le chaînage de la dépendance. Mais qu’est-ce donc que ce chaînage, me demanderez-vous ? (plus fort, j’ai rien entendu) C’est une armature en béton qui permet de rigidifier les murs en formant une “ceinture” qui consolide la structure générale du bâtiment.

Nous avions donc acheté au préalable les briques adéquates : elles sont creusées, leur forme en U permettant de couler le béton d’un seul tenant à l’intérieur de toutes les briques du tour de la dépendance (si vous avez bien suivi, vous comprenez donc qu’un chaînage horizontal est nécessairement AU-DESSUS des ouvertures de portes et fenêtres…).

Forme caractéristique d'une brique de chaînage.

Nous faisons entrer dans l’arène une acquisition récente : la bétonnière électrique, bien pratique pour ne pas se tuer à la tâche en mélangeant à la truelle.

Admirez au passage les ouvertures terminées...

Petite parenthèse pour vous montrer le futur emplacement de la porte-fenêtre. Je vous rassure, les ouvertures n’ont pas leur forme définitive, il faudra couper ici et là quelques excédents de brique (apparemment, cette méthode permet d’obtenir des ouvertures plus nettes / droites qu’en essayant d’aligner petit à petit les briques).

Voilà qui devrait apporter de la lumière dans la dépendance !

Revenons à notre chaînage. Les sacs de béton, qui pèsent chacun 30kg (autrefois c’était 50kg paraît-il, wouhou), sont “prêts à l’emploi”, ce qui est bien pratique : il suffit de verser le mélange dans la bétonnière et rajouter de l’eau jusqu’à obtenir la consistance voulue.

A manipuler avec précaution, pour ne pas se casser le dos...

Après les explications théoriques, place à la pratique… N’ayant pas été retenu aux présélections de Monsieur Muscle 2016, je ramène petit à petit les sacs dans une brouette, puis je les verse dans la bétonnière. Le mélange est prétendument “sans poussière”, mais ce n’est que de la poudre aux yeux (c’est bon, vous l’avez ?). Etant sensible ou allergique à la moitié des particules volatiles qui existent sur cette Terre, je m’équipe donc comme un ouvrier de Fukushima, avec lunettes de protection et masque pour respirer. Je rajoute ensuite l’eau (qu’il faut tirer du puits) en laissant la bétonnière tourner pour mélanger le tout : ce n’est pas beaucoup plus compliqué que la recette de la pâte à crêpe, il faut là aussi vérifier l’onctuosité de la mixture et éviter les grumeaux !

Sur la photo c'est Mika, mais il aura même pas fait 2 brouettes en réalité...

Pendant que je prépare mon béton et l’amène progressivement à Mickaël dans une seconde brouette (ben oui, la première sert toujours à transporter les sacs), il garnit les briques de chaînage.

Quelle chance de pouvoir machouiller des feuilles d'arbre en travaillant... (ça pourrait être pire, c'est du laurier sauce !)

Les briques sont comblées petit à petit : après la pâte à crêpe, place au travail du pâtissier qui peaufine son glaçage.

C'est la chenille qui démarre...

Il nous faudra 3 bonnes heures pour garnir l’ensemble du chaînage : rarement le premier jour de l’an aura été aussi productif ! Il faut dire que nous avions regardé la météo pour la suite du week-end…

Ce samedi 2 janvier, le ciel semble en effet décidé à arroser la nouvelle année à sa façon. Les nuages vont et viennent, si bien que Mika a tout juste le temps de poser 2 ou 3 briques entre deux averses. Heureusement, sa mère nous a apporté quelques victuailles et de la bonne humeur. Sans réelle motivation face à ce ciel de grisaille, je “passe mon tour” et consacre une partie de la journée à faire un peu de rangement dans la maison, en attendant des jours meilleurs !

Dimanche 3 janvier : c’est l’Epiphanie ! (ou l’Epluiephanie, on sait plus trop) Il parait que cette célébration est à l’origine une fête de la Lumière. A vrai dire, la journée a été plutôt sombre, puisque composée principalement de pluie, encore pire que la veille en fait… Point de briques à l’horizon donc, mais plutôt des moments de réconfort à base de galette, panettone et jeux divers chez des amis.

Ce temps pourri devrait durer toute la semaine, espérons que le ciel soit plus clément le week-end prochain pour que le chantier avance : nous commençons à discuter poutres et toiture…